Au Haras National du Pin, l'heure est arrivée de passer de la réflexion à l'action

photo-harasdupin3-1.jpgLe Haras National du Pin est une pépite  du patrimoine équestre. Son rayonnement national et  international en matière de formation aux métiers du cheval, de protection des races et de reproduction, son attrait touristique sont des atouts considérables pour l’Orne et la Basse Normandie.

Géré depuis quelques années par l’institut français du cheval et de l’équitation, le domaine du Pin peine en dépit des efforts de cet organisme d’Etat et  du Conseil Général de l’Orne à exprimer sa pleine capacité à fédérer et mettre en oeuvre toutes les initiatives que permet son formidable potentiel.

Depuis des années, une solution est recherchée. Elle vise à associer les collectivités locales, Région Basse-Normandie et Conseil Général de l’Orne à l’Etat.

Il est essentiel que l’Etat conserve ses fonctions régaliennes via l’IFCE, en particulier afin d’assurer la traçabilité des races et le rayonnement international du Pin. Il est tout aussi essentiel de permettre  aux collectivités d’assurer la préservation du patrimoine bâti et l’animation de ce lieu prestigieux. Les finances de l’Etat, de toute évidence, ne le permettent plus depuis de nombreuses années.

L’engagement financier, selon Alain Lambert, Président du Conseil Général et ancien Ministre du budget, serait supérieur à 50 millions d’euros. La Région Basse-Normandie et le Département, conscients de l’enjeu, ont décidé de s’engager.

L’heure est arrivée de passer de la réflexion à l’action.

 Fin juin et début juillet, pendant des semaines, avec constance et insistance, j’ai maintenu un amendement à la loi de décentralisation portant affirmation des métropoles. Cet amendement visait à créer un établissement public réunissant Etat, Région et Département, organisant la gouvernance, prévoyant la dévolution des biens immobiliers et mobiliers, préservant les droits de l’IFCE et des salariés…

A la suite de la visite du Ministre Stéphane le Foll au Pin en juin, j’y étais autorisé et pour tout dire, je me suis un peu octroyé l’autorisation.

Cela s’appelle mettre le pied dans la porte et ne plus le retirer. J’avoue que les chaussures de sécurité sont nécessaires tant la résistance au changement, souvent légitime, est forte. J’ai fini par renoncer à  cet amendement  pour des raisons de sécurité juridique non sans avoir obtenu une réunion au sommet au Ministère de l’Agriculture.

Cette réunion, bien préparée, s’est déroulée hier rue de Varenne. Elle regroupait mon ami Laurent Beauvais, Président de Région et Alain Lambert. L’administration Bas-Normande était dirigée par le Préfet Michel Lalande, fin connaisseur du sujet. Elle était présidée par le Directeur de Cabinet du Ministre  que je tiens à remercier.

Pendant deux heures, nous avons tout scanné. Bien fondé du projet, support juridique, rôle de l’Etat, respect et avenir des salariés, gouvernance future, place des collectivités, avenir des formations et du tourisme.

Il reste des choses à préciser et, dans une affaire de ce type, l’enfer est dans les détails. Ceci étant, je crois que c’est fait. Je porterai avec le gouvernement une disposition législative créant un établissement public visant le Haras National du Pin dans la future loi portant sur l’avenir de l’agriculture qui viendra en discussion devant le parlement en 2014.

Ceci, je n’en doute pas, va révolutionner l’avenir du Pin, permettre de rénover et sauver son exceptionnel bâti tout en lui redonnant, sous une forme moderne, son lustre d’antan.

Merci aux collectivités, merci au Ministre, merci aussi à la direction de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation qui a compris que cette initiative n’est pas dirigée contre l’Institut mais vise simplement à assurer l’avenir du Haras National du Pin.

Maintenant, il faut  mettre le ballon au fond des filets, je reste en pointe.