Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi « retraites ».

Bien entendu, il s’agit de faire face une difficulté. Bien entendu, ce n’est pas populaire. J’aurais pu, comme d’autres, m’abstenir, ne pas être présent, je ne suis tenu par aucun parti politique.

 Mais ce n’est pas ma conception du devoir en politique. J’ai donc voté cette loi en première lecture.

Pourquoi ?

 Parce-que ne rien faire serait remettre tout le système des retraites aux mains des assureurs privés.

Laissons les choses en l’état et le déficit atteindra 21 milliards d’euros en 2020. Laissons les choses en l’état et il y aura en 2050 un actif pour un retraité. Cette situation n’était plus tenable, il fallait agir pour préserver notre système de retraite par répartition durement acquis après la libération par le conseil national de la résistance.

Il est vrai, un effort de 7,5 milliards d’euros est demandé. Mais cet effort ne sera pas supporté, comme à l’accoutumée, uniquement par les salariés. La contribution sera répartie entre actifs, retraités et salariés.

L’augmentation des cotisations retraite sera mesurée et progressive pour atteindre 0,3 points en 2017.

Pour les retraités, il n’y aura ni baisse, ni gel de la revalorisation des pensions. En revanche la revalorisation annuelle interviendra le 1er octobre au lieu du 1er avril et la bonification pour avoir élevé trois enfants subsistera mais deviendra imposable. C’est un vrai effort mais c’est un effort qui garantit le paiement des retraites de tous les régimes jusqu’en 2020.

Enfin, pour faire face à la révolution démographique qui s’impose à nous, nous avons choisi la mesure la plus raisonnable : l’allongement progressif de la durée de cotisation. De 2020 à 2035, elle passera de 41,5 ans à 43 ans à raison d’un trimestre supplémentaire tous les 3 ans. Bien entendu, ceci n’est qu’une prévision. Si la croissance devait être plus forte la durée serait réduite. Nul ne peut faire des prévisions à l’échéance de 2020.

Pourquoi ai-je voté ? Parce-que les plus faibles ont été protégés.

La pénibilité dans le travail sera enfin prise en compte. 3 millions de salariés travaillant dans des conditions difficiles pourront prétendre à partir plus tôt à la retraite, à se former pour exercer un autre métier moins pénible ou encore basculer vers un temps partiel à paye égale.

Le travail des femmes, particulièrement des agricultrices, grandes perdantes du système actuel de retraite est revalorisé. Les personnes qui subissent et enchainent des temps partiels (des femmes à 82%) pourront valider plus facilement leurs 4 trimestres annuels. De plus, tous les trimestres d’interruption liés au congé maternité seront considérés comme cotisés. Ce sont des avancées sociales.

Enfin, nous tirons les conséquences de l’entrée toujours plus tardives des jeunes sur le marché du travail. Un jeune pourra racheter à des tarifs préférentiels des trimestres d’études. Tous les trimestres en alternance ou en apprentissage seront validés et deux trimestres de stage pourront être comptabilisés. Ce sont des avancées sociales.

Le travail ne s’arrête pas là.  Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault vient de présenter une plus vaste réflexion sur le vieillissement de la population.

 

Ci-dessous, mon intervention audio sur la réforme des retraites.

http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-du-jour-de-france-bleu-basse-normandie/l-invite-de-la-matinale-de-france-bleu-basse-normandie-133