Les 20 ans de la Communauté d'Agglomération du Pays de Flers (CAPF)

Samedi 21 septembre 2014, nous étions réunis au Forum de Flers pour célébrer les 20 ans de la création de l’agglomération du Pays de Flers. J’ai tenu à rendre hommage au travail accompli tout en soulignant les projets qu’il nous reste à mener pour l’avenir du pays de Flers.

Voici le texte de mon intervention.

« Je voudrais commencer par remercier un certain nombre de personnes – j’en oublierai forcément, et leur rendre hommage : d’abord et avant tout, Michel Lambert, premier président de la Communauté de Villes créée en 1994 devenue Communauté d’Agglomération du Pays de Flers (CAPF) le 1er janvier 2000. En 1994, qui aurait cru que ce projet humain permettrait de réunir 12 communes, puis 13 (avec Saint-Clair de Halouze), 14 (avec Saint-Paul) et enfin 25 communes, soit près de 38 000 habitants ! Il s’agit bien d’un projet humain et je tiens à rendre hommage à des personnes comme Pierre Salles, Jacques Jousse, Claude Chéenne, Daniel Dubois, Anna Gerbet, Serge Louiche…

Je les remercie parce que les choses n’étaient pas aisées. Nous avons construit des relations de confiance, jusqu’à voter plus de 98% de nos délibérations à l’unanimité. Ce travail nous a conduits à être incontournable dans l’Orne, en Basse-Normandie, à Paris, et à devenir de véritables « chasseurs » de fonds européens.

Tout cela n’aurait pu se faire sans des collaborateurs compétents et dévoués. Je salue les directeurs généraux des services, passé et actuel, Messieurs Bernard Deban et Sylvain Tillard, ainsi que l’ensemble des agents.

Bilan : 20 ans au service des habitants et du développement du territoire

Une communauté d’agglomération pour quoi faire ? Pour structurer notre territoire, conserver nos emplois.

Sans la Communauté d’agglomération, pas de politique « eau et assainissement » digne de ce nom : pas de rénovation et de mise en sécurité de la station d’eau potable rue d’Athis, pas de création de la station d’Auvilliers, pas de création de la station des Landis, pas de nouveau barrage de Landisacq…

En matière de développement économique, nous avons pu créer 22 zones d’activités, qui sont quasiment entièrement commercialisées. Champ de courses, Grand Champ, Crochère 1, 2 et 3, création du CIRIAM, extension de Charal, de Roval… Je pense également à la mise en place de structures d’économie sociale et solidaire. Sur le CIRIAM, on me dit régulièrement que si nous n’avions pas pris l’initiative et créé ce site industriel, en travaillant de concert avec la Région et le Conseil général de l’Orne, Faurecia aurait délocalisé ses emplois industriels. Je salue à cette occasion la mémoire de Mme la député Sylvia Bassot.

En matière d’aménagement du territoire et d’attractivité, la CAPF a été pionnière en prenant la compétence « urbanisme » à l’échelle intercommunale. Ce n’était pas gagné pour la plus petite communauté d’agglomération de France. Mais elle se singularise !

La Communauté d’agglomération, c’est aussi les actions en faveur du sport : Cap’flo, stade des Closets, Golf du Houlme… En faveur des loisirs et de la culture : avec des équipements comme le Forum, la Médiathèque, le Conservatoire, les animations d’été, les festivals, le Mont de Cerisy, la valorisation de notre patrimoine, la mise en valeur de la forêt de Halouze... C’est également la Kart’A+ qui permet aux jeunes de bénéficier d’importantes réductions.

La CAPF, c’est aussi les maisons d’activités, de proximité : celle d’Halbout, de Saint Michel, du Pont Féron.

Par ailleurs, je vous rappelle que nous prenons en charge la politique de la petite enfance, les crèches, la coordination du réseau des assistantes maternelles, certains temps péri-scolaires… et ce, en toute sécurité grâce à la gare routière scolaire que nous avons créée.

Enfin, beaucoup a été fait pour les quartiers et spécialement pour Saint-Sauveur. Le cadre de vie a radicalement changé, modifiant en profondeur l’image de ce quartier, favorisant le vivre-ensemble et la prévention de la délinquance. 

Tout ça n’existerait pas sans la Communauté d’agglomération du Pays de Flers. Les choses se sont faites avec des personnes qui ont su fédérer, avec l’intelligence suprême de sanctuariser l’intercommunalité. Nous avons toujours évité de polluer nos dossiers de politique politicienne ou de considérations liées à des élections à venir. C’est notre force et je serai toujours le garant de cette ligne de conduite.

L’avenir du Pays de Flers

Le travail n’est pas terminé. Quels sont les projets ? L’aménagement global du Mont de Cerisy, la création d’un conservatoire à Chaudeurge, accompagné du remplacement de la salle du Champ de foire, le réaménagement total du centre-ville de Flers, l’aménagement du cœur de bourg de nos communes…

Le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI) sur nos 25 communes nous fournira un cadre commun qui, associé au Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), nous donnera, avec nos voisins, les moyens de fixer les populations qui travaillent ici. En effet, nous sommes la seule communauté de Basse-Normandie qui a plus d’emplois que d’actifs sur son territoire. Nous pourrons ainsi nous inscrire dans une vision de long-terme pour permettre aux uns et aux autres de se développer, sans faire assumer à la CAPF toutes les charges de centralité.

Nous devons être innovants, favoriser l’implantation de start-up dans le cadre de la rénovation des Bains-douches par exemple, mais également grâce au fibrage progressif et l’accès au haut débit dans nos communes. Nous continuerons évidemment d’aller chercher des fonds européens. Nous imaginerons de nouveaux usages numériques pour nos administrés et nos administrations.

Il nous faudra être inventifs, par exemple dans le domaine des transports non polluants, ou encore dans le type d’accueil que nous pouvons proposer à nos aînés. Une alternative entre le maintien à domicile et l’EPHAD me semble nécessaire. Par ailleurs, l’offre de soins me préoccupe et nous devons inventer de nouvelles formes de coopération entre les différents établissements de soin à Flers et à Vire. Je proposerai d’ici peu que la compétence soit acquise par la CAPF afin de pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Enfin, le grand chantier qui s’ouvre, c’est la politique de la ville. Le gouvernement a confirmé le classement des quartiers Saint-Michel et Saint-Sauveur en secteur prioritaire. Le distributeur de billets, tant attendu par la population, sera installé à Saint-Michel très prochainement. Nous devrons régler le problème du centre commercial Saint-Sauveur, mais nous devrons le faire avec délicatesse, car nous ne pouvons pas nous substituer aux propriétaires privés du centre. Je n’oublie évidemment pas le Clos Morel, les Fresneaux et les Landelles. Là aussi, nous aurons du travail. Ceci devra être effectué en pleine concertation avec les habitants.

Mesdames et messieurs, tout ceci devra se faire dans un cadre budgétaire contraint, mais pour lequel nous nous sommes donnés au sein de la CAPF les marges de manœuvre nécessaires.

Ce qui fait tenir une intercommunalité, ce qui fait que tout le monde se sente impliqué et que les énergies se fédèrent, c’est une feuille de route affichée et un financement clair.

Chers amis, l’ensemble des vice-présidents et moi-même allons avoir besoin de vous, de votre énergie, de vos conseils, de votre soutien. C’est aux habitants de notre territoire que nous devons notre énergie et c’est à eux, que nous devons rendre des comptes. Je vous promets que nous ferons le bilan dans 20 ans. Je vous remercie. »