Reprise des sites rentables

L’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, la proposition de loi socialiste visant à redonner des perspectives à l’économie réelle et à l’emploi industriel et donc à rendre plus difficile le licenciement boursier. Naturellement l’UMP et l’UDI ont voté contre. Les deux députés FN ne se sont, quant à eux, même pas donnés la peine d’être présents. Ceci en dit long sur leur souci de protéger les salariés.

L’industrie française a perdu 2 millions d’emplois en 30 ans dont 750 000 ces dix dernières années. Une grande partie de ces pertes résulte de logiques de rentabilité de court terme, de l’application de la « politique de la terre brûlée ». Trop souvent des sites de production disparaissent alors même que des repreneurs seraient prêts à prendre le relai tout en garantissant la pérennité des emplois locaux.

Il était temps de freiner cette mécanique qui détruit notre appareil productif, bouleverse la vie des salariés et de leur famille et fragilise des territoires entiers.

Cette proposition de loi vise à redonner la priorité à l’économie réelle, en dissuadant les chefs de grandes entreprises d’abandonner délibérément leur outil de production, et ce malgré la rentabilité du site et les propositions de reprise.

Pour lutter contre cette désertification brutale, deux mécanismes sont mis en place par ce texte.

Le premier incite fortement l’entreprise qui veut quitter un territoire à trouver un repreneur sous peine de lourdes sanctions financières.

Le second propose un nouveau modèle de gouvernance des entreprises en favorisant la stabilité de l’actionnariat luttant ainsi contre les offres publiques d’achat hostiles.

Les exemples de fermeture de sites rentables ne manquent pas. Ce fut indubitablement le cas pour Honeywell à Condé-sur-Noireau. Le Président de la République avait assuré durant sa campagne qu’il serait mis un frein à ces pratiques scandaleuses. C’est fait. Ceci ne nous protège pas de tout mais fera réfléchir sérieusement les grands groupes industriels qui voudraient délocaliser leur activité par pur soucis de profit et de cotation boursière.

Voilà pour ceux qui pensent que « la gauche et la droite c’est la même chose ».